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La belle saison s’annonce et le partage de la route redevient d’actualité. Pourquoi est-ce si difficile? Pourquoi ce débat enflamme tellement les idées? Oui, c’est un sujet sensible, car ça implique la vie humaine et bouscule les petites habitudes de tous et chacun. Mais où est le gros bon sens dans tout ça?

Nos routes sont t’elles construites pour les vélos?

Bien entendu. Historiquement, les gens se déplaçaient à vélo et à pied pour se rendre de village en village. Les voitures sont arrivées bien après. Les routes ont été pavées pour en améliorer la longévité et en faciliter l’entretient, pas nécessairement pour la dédier exclusivement aux voitures. De plus, sur les routes secondaires, la limite de vitesse n’est pas une obligation mais une limitation en fonction du tracé et de la densité de population qui habite à proximité. C’est pour ça qu’il n’y a pas de vitesses minimales sur les routes secondaires: la circulation avec des véhicules lents y est autorisée, contrairement aux autoroutes, exclusivement dédiée aux véhicules rapides. Donc pour ceux qui empruntent ces routes secondaires, il faut s’attendre à rencontrer toute sorte de véhicules qui roulent plus lentement que la limite permise.

Qu’est-ce qu’un véhicule lent?

Selon la loi, un véhicule lent c’est tout véhicule ne pouvant dépasser une vitesse de croisière de 60km/h. Ce qui implique que les tracteurs agricoles, les tracteurs à gazon et…les vélos sont des véhicules lents. Ils sont donc admis sur les routes secondaires à 3 chiffres. Cela signifie, aussi, que les vélos doivent se conformer aux mêmes règles.

Les pistes cyclables: devrait-on les imposer?

Mon point de vue de cycliste, me dit que j’aimerais certainement avoir un endroit sécuritaire pour pratiquer mon sport favori, ou me déplacer, sans passer sous les roues d’un automobiliste à la civilité douteuse ou à l’attention déficiente. Cependant,  il y a quelques bémols: le circuit cyclable est très souvent comme la barbe d’un adolescent: il y a beaucoup de trous et manque de connexions.  De plus, la limite de vitesse est de 20km/h et est empruntée par des piétons, des patins à roues alignées, des gens qui promènent leurs chiens, des voitures stationnées, etc. Il faut se l’avouer, ce n’est pas la joie, surtout par un dimanche ensoleillé. La majeure partie des cyclistes, exception faite des enfants, ou des personnes plus âgées qui n’ont pas encore de vélo électrique, peuvent facilement rouler à bien plus de 20 km/h.  Bref, les pistes cyclables c’est bien d’en aménager, mais leur vitesse permise est beaucoup trop basse pour être empruntée par un cycliste plus expérimenté, sans craindre de recevoir un constat d’infraction s’il s’y aventure. Dans ces considérations, que reste-t’il comme option? Le partage de la route avec les voitures m’apparaît inévitable.

C’est pas moi qui a commencé c’est lui!!

Parfois, j’aimerais vraiment pouvoir faire comme ma mère faisait quand je ne m’entendais plus avec mes frères. Nous devions nous asseoir au sol, face à face, les pieds et les mains devaient se toucher et nous ne pouvions nous relever sans s’être excusé sincèrement; d’avoir dit comment on se sentait et comment on allait faire pour éviter que la situation se reproduise. Je me rappelle de ce dédain de toucher mon frère alors que je devais faire la paix avec lui. C’était très dur mais, nous y parvenions. Par dédain ou par résignation.

Je trouve que la mésentente entre cyclistes et automobilistes ressemble vraiment à ce genre d’enfantillage.  La règle de base est pourtant simple: Ce qui est bon pour minou est bon pour pitou!! Quand on est rendu à imposer une norme et des sanctions pour le dépassement des vélos quand on est en voiture (1 mètre de dégagement pour les routes à 50 km/h et moins et 1.5 mètre pour les routes à 50 km/h et plus), c’est parce que le gros bon sens est défaillant à quelque part. Et quand on oriente le projecteur sur un des groupe, ce-dernier jette le blâme sur l’autre groupe, clamant, qu’ils font des erreurs aussi. Là, on va se dire les vrai affaires. Si je te reproche de ne pas te ramasser dans la maison et que tu me reproches, pour te défendre, de ne pas bien fermer le pot de beurre de peannut, le problème est pas réglé. On a pas 1 problème. On a 2 problèmes. Donc je vois deux options:

  1. On travaille ensemble à amenuiser ce qui irrite l’autre dans notre comportement: Solution gagnant-gagnant.
  2. On laisse ça comme ça et on espère que quelqu’un fasse des bobettes qui se ramassent toutes seule et/ou un pot de beurre de peannut auto-refermable…: Solution perdant-perdant jusqu’à ce que le saint-esprit fasse de quoi. Et c’est pas garanti.

Vite comme ça, j’ai l’impression que l’option numéro 1 est la façon adéquate de régler les conflits mais qu’au quotidien, j’ai beaucoup plus l’impression que nous appliquons l’option 2 car nous avons tellement pris l’habitude de tout remettre dans les mains du gouvernement au lieu de faire la part des choses. Comme j’aime penser que nous sommes tous doté de la capacité de raisonner, je vais initier une réflexion pour l’option 1 avec quelques règles toutes simples pour régler ce conflit, ou du moins, négocier un cessez-le-feu.

Monsieur/Madame le cycliste…

Mes chers collègues cyclistes, je tiens à vous rappeler que nous sommes aussi des automobilistes. Pourquoi reproduisons-nous, à vélo, les comportements que nous détestons des cyclistes quand nous sommes en voiture?? Qu’est-ce qui cloche? On réclame le droit de rouler sur les routes mais nous avons la morale élastique quant à l’application des règles.  Si je veux jouer au ballon chasseur, j’applique les règles du ballon chasseur; pas du Monopoly. Un petit rappel des règles de la route s’impose je crois. Et pour ceux qui n’ont pas encore de voiture, ni de permis de conduire (ou qu’il l’ont perdu) ou pour les enfants (c’est le rôle des parents de donner l’exemple), je vais vous rafraîchir la mémoire plus bas.

Quelques règles:

  • Nous partageons la même route, nous appliquons les mêmes règles!!!
    • Les stops, nous devons les faire. Pas un stop américain qui nous horripile quand nous sommes en voiture, un vrai stop.
    • Nous n’avons priorité nulle part. Nous somme un véhicule lent, pas un piéton à 35 km/h.
    • Les trottoirs sont pour les piétons.
    • Nous devons respecter le sens de la circulation.
    • Quand il y a des feux de circulation, nous devons les respecter. Si la lumière est rouge, que nous soyons 20 cyclistes ou tout seul, nous devons nous immobiliser.
    • S’il y a une voie pour tourner, Nous devons l’emprunter.
    • Les règles prescrivent de rouler à la file indienne; pas 4 de large, ni 3, ni deux. Le temps d’un relais c’est viable, mais pas le temps d’une discussion politique.
    • Et, le plus important, Quand on conduit une voiture, c’est comme si nous  étions en possession une arme chargée. Si je suis surpris, si je suis stressé, une erreur fatale peut arriver. La solution: COMMUNICATION!! INDIQUONS AUX GENS QUI NOUS SUIVENT QUELS SONT NOS INTENTIONS. FAISONS NOS SIGNES DE FAÇON ÉVIDENTE. Dès lors, tout le monde sera content, et moins stressé.
    • laissons de côté nos petites appréhensions cosmétiques, les pros roulent sur des circuits fermés, ce n’est pas notre cas. Les témoins clignotants sont une excellente idée. Plus ils sont puissants, plus la voiture nous anticipe de loin.
    • Si nous ne respectons pas le code de la route, des constats d’infraction sont maintenant distribués aux cyclistes.
  • Faisons preuve de courtoisie: rien n’est assez important pour risquer de mettre notre vie ou celle d’autrui en danger.
  • Pour davantage de détails consultez ce petit document de la SAAQ: https://saaq.gouv.qc.ca/fileadmin/documents/publications/guide-securite-velo.pdf

 

Monsieur/madame les automobilistes…

Mes chers collègues automobilistes, les cyclistes ne sont pas une race à part. Presque 65% des automobilistes sont aussi cyclistes. Ils paient des impôts, des taxes. Ils paient des plaques sur leur voitures, des assurances-vie etc. Ils participent à l’entretien du réseau routier autant que nous. Et, qui plus est, en ville et sur les routes de campagne, ils ont le droit d’être là. On peut même dire que c’est un droit acquis. Historiquement, les vélos utilisent les routes depuis bien plus longtemps que les voitures. Dans mes cours de conduite, ma professeur me disait:” Mon garçon, tu ne conduis pas pour toi, mais pour les autres. Le danger n’est pas tant ce que tu contrôles mais ce que tu ne contrôles pas sois attentif!”

Quelques petites règles:

  • Comme nous sommes au volant du véhicule, c’est notre responsabilité, en tant qu’utilisateur, de nous assurer qu’il n’y aie aucun blessé; ce qui implique d’être plus prudent et ce, même si c’est parfois frustrant. Comme pour une arme à feu, nous sommes imputable à tous les niveaux. Donc même si un piéton, un cycliste, un planchiste ne respecte pas les règles, nous sommes responsable de leur sécurité quand nous sommes derrière le volant. c”est comme ça. Même les cyclistes en voiture le vivent.
  • Notre univers ne s’arrête pas aux limites de notre voiture. Même si l’habitacle de notre voiture est insonorisé, confortable, que le système de son nous fait vivre toute sortes d’émotions, nous ne devons pas être moins attentif et vigilant pour autant.
  • Les messages texte au volant, c’est encore et toujours interdit!! Gardons les yeux sur la route!
  • Même si nous avons l’impression que les routes ne sont pas sécuritaires pour les vélos, c’est nous, automobilistes, qui pouvons les rendre plus sécuritaires. Même si l’accotement a 20 pieds de large, si on va trop vite ou on essaie de se faufiler dans un dépassement risqué pour éviter de toucher à la pédale de frein car on a envie d’arriver chez soi au plus vite, la route ne sera pas sécuritaire pour le vélo ou pour quelque soit d’autre. C’est notre vigilance et notre intelligence qui rend les routes sécuritaires. C’est notre responsabilité.
  • Les limites de vitesses ne sont pas une consigne. Je ne suis pas obligé de rouler 80km/h sur une route de 70km/h car je crois que la police tolère 10km/h de plus. Le panneau indique la vitesse maximale que je peux rouler sur cette route. Pas la vitesse que je dois rouler. Nous ne risquons donc rien de ralentir pour contourner un danger en toute sécurité.
  • Les vélos sont considérés, aux yeux de la loi, comme un tracteur agricole, ou à gazon, voire un scooter. Quand nous dépassons un des ces 3 véhicules, nous appliquons un protocole tout simple:
    • Nous relâchons l’accélérateur.
    • Nous appuyons sur le frein (c’est la pédale à gauche de l’accélérateur).
    • Nous attendons le moment propice pour faire notre dépassement en s’assurant de donner suffisamment d’espace  pour éviter qu’un de ces 3 véhicules n’esquinte notre bagnole.

C’est la même chose pour le cycliste. Depuis l’an dernier, il y a même une loi qui nous donne la distance minimale pour un dépassement sécuritaire:

    • Pour une route de 50km/h et moins: 1 mètre (3 pieds)
    • Pour une route de 50km/h et plus : 1.5 mètres (5 pieds)
  • Soyons courtois. Rien n’est assez pressant pour risquer de mettre la vie de quelqu’un d’autre en danger.

 

Le grand coupable: Nous tous.

Comme nous sommes tous piétons; la majeure partie d’entre nous automobiliste et une très grande partie de nous, cycliste, nous sommes tous les responsables de cette situation. Par manque de connaissance des règles? Par manque de recul? Par égoïsme? Par manque d’engagement? Par manque d’empathie? Toutes ces réponses? Mais comme dans tous les systèmes, malgré qu’ils ne soient pas parfaits, le principe de base c’est le respect des règles par tous les partis: Si je joue au ballon chasseur, j’applique les règles du ballon chasseur. Les vélos, comme tous les autres véhicules lents, ont leur place sur les routes. Comme tous les autres usagers de la route, nous devons accepter leur présence et eux doivent collaborer en appliquant les mêmes règles que tous les autres usagers. Ce qui est bon pour minou, est bon pour pitou! Même routes, même règles. C’est le gros bon sens.

 

 

 

 

 

 

 

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