Je le dis ouvertement, j’adore Kona. C’est une petite équipe, très dynamique qui ont toujours su se faire remarquer en étant au-devant de la vague; créant les nouvelles tendances. Ils sont passé maître dans l’art de livrer un vélo que chaque employé aimera rouler. Cette impression part de tout en haut: Dan et Jake, de Mr. Cox et Paddy qui sont, ni plus ni moins que des légendes dans le cyclisme. Ils ont grandit et développé le vélo de montagne à leur image dans les montagnes de Squamish en Colombie-Britannique. Kona depuis ses tout début a su inspirer l’amateur et l’athlète chevronné à travers des designs colorés, uniques et à la géométrie soignée rehaussant le plaisir de rouler et c’est ce que l’on ressent assis sur un Kona. Le simple plaisir de rouler.

Le lancement  Kona 2017: Le party façon KONA.

Les gens de Kona ne font rien comme les autres. Dans beaucoup de présentations de produits, on nous enferme dans un hôtel ou un salon de conférence et on écoute des présentations lourdes pour nous expliquer des choses simples. Les mots “technologie”, “unique” parsèment les discours. Chez Kona, on nous réunis dehors, on passe à travers la ligne, on rigole. Sans focusser sur chaque détail de chaque vélo, les animateurs et employés savent que nous connaissons très bien leur produits et ajustent leur présentations en conséquence. L’après-midi on roule! Kona met à notre disposition une flotte impressionnante de vélo de toute gamme afin que nous puissions fraterniser avec les sentiers de la région. Le soir, ben c’est des courses à relais, des jeux d’adresse et des prix à gagner. Donc sans vous faire le récit de tout ce que les employés nous ont fait subir, passons aux choses pertinentes, les bikes que j’ai essayé!

Première victime: Kona Process 111

DSC_0142

Ceux qui me connaissent savent que c’est mon vélo de prédilection depuis 2014, pour plusieurs bonnes raisons. Mais pour apprivoiser les sentiers que je n’ai jamais roulé, ne commençons pas dans l’inconnu total; prenons un vélo que je connais très bien. Le circuit d’essai prends environ 25-30 minutes à parcourir. On passe à travers des montées sévères et des descentes plus techniques. Je m’élance dans les sentiers. La plateforme du Process a atteint une belle maturité. On peaufine les angles mais la façon dont ce vélo se comporte reste la même. Petite modification à l’angle de direction (67.5 degrés au lieu de 68 degrés. Ça a peut-être pas l’air de grand chose mais au bout d’une fourche de 36″, ça devient perceptible) cet ajustement améliore le comportement en descente. La pike fait un boulot à la hauteur de sa noble réputation. L’angle de selle a été redressé à 74 degrés rendant le Process 111 meilleur sur la grimpe repositionnant de façon plus optimale le centre de gravité dans les ascensions. Le montage Shimano SLX fait très bien son travail et la gachette est prompte. Les freins SLX sont très puissants. Mon expérience de course de cross-country m’amène à privilégier les accélérations ponctuelles et j’ai l’impression que la distribution des ratios de Shimano est plus progressive que sur les composantes SRAM. L’étalage des vitesses est plus rapproché ce qui m’amène à faire moins de compromis dans mon effort. Kona qualifie la ligne des Process comme des enduro. En gros, ce que ça signifie c’est que le vélo grimpe comme un cross-country mais sa position, le rends agile comme un vélo de descente. Plusieurs m’ont passé le commentaire concernant son poids. Le poids est très décent. Sauf que si vous prêtez attention, Kona assume très bien son design enduro. La ligne de Process est conçue pour grimper n’importe quoi et descendre n’importe quoi; Des vélos pour s’amuser et se laisser aller. Ils n’ont pas été pensés pour rivaliser avec les données techniques impressionnantes de certains concurrents tel que Giant, Trek ou Specialized. C’est un vélo pour rouler sévère, il a l’équipement pour rouler sévère: Une grosse fourche, des pneus lourds mais dont l’accroche est phénoménale, un cadre robuste et fiable avec d’énormes roulements très accessibles rendant l’entretien de l’engin très aisé. Le Process 111 est resté fidèle à lui même: un vélo avec des capacités impressionnantes, une maniabilité et une jouabilité bien typique à tous les Kona, et ce même avec des roues de 29″, mais avec de petits bonus sur la grimpe et la descente vis à vis ses prédécesseurs.

À quand les Process Carbone?

J’adore répondre à cette question. Le carbone n’est malheureusement pas le matériel de prédilection pour le Process. Après des tests exhaustifs, les ingénieurs de Kona se sont rendu compte que le carbone, suite à des impacts répétés, perdait rapidement ses capacités. Il se fatigue plus vite. Et croyez-moi, ils ont déployé beaucoup d’efforts pour réussir à satisfaire les nombreux fans mais sans toutefois arriver à des résultats concluants sans trop alourdir le vélo et respecter les spécifications de performance et de fiabilité exigés par Kona. Même les Opérators reviennent en aluminium pour les même raisons, réussissant à retrancher près d’une livre à leur prédécesseur carbone au passage. Ce virage me convient parfaitement car comme peu de gens le savent et que certains préfèrent oublier, le carbone ne se recycle pas. Ou si il se recycle, nous n’avons pas les technologies ici pour le faire (donc pas recyclable pour nous) Donc, le vélo de montagne a besoin de la nature pour exister et nous souhaitons des cadres en carbone ayant une vie utile moindre et générant, lors de leur remplacement, des déchets extrêmement durable…N’est-ce pas un peu paradoxal? Bref, on reste en aluminium pour les Process compte tenu des abus qu’ils peuvent supporter.

2e victime: KONA Honzo ti….hummm!

DSC_0143

Nous sommes tous des passionnés de vélo regroupés ensemble et il y a une constante: Tous les 50 commerçants présents veulent rouler ce vélo, le Honzo, à l’origine de ce virage géométrique que Kona a subit dans les dernières années. Mais pas n’importe quel Honzo; sa version de collection, fait du métal magique: le titane. Bien avant que le carbone existe, le titane représentait l’apogée du vélo. Confortable et vivant comme l’acier avec le poids de l’aluminium. Je suis extrêmement fan de ce genre de fabrication artisanale et Kona a su livrer la marchandise. Les soudures (faites par Lynskey, un expert du titane) sont parfaites et constantes le gousset de renfort sur la tige de selle est élégant et robuste. C’est très inspirant. J’ai définitivement besoin d’un plus grand magasin pour pouvoir exposer tous les vélos que j’aimerais me procurer.

À l’attaque des sentiers!

Le Honzo est un vélo dynamique. Sa rigidité au pédalage est étonnante. Sa légèreté nous donnes parfois l’impression de surfer sur les obstacles. Les roues de 29″ ont été bien intégrées au design du vélo. On ne ressent presque pas les côtés négatifs des 29″; i.e. que ce vélo ne nous donne pas l’impression une seule seconde que nous pilotons un autobus scolaire. Dans les descentes, “l’ancêtre” se montre à la hauteur des dernières évolutions. Nous sommes bel et bien sur un Kona. Malgré que mes aptitudes de pilotages soient encore en développement, le Honzo me rend très à l’aise. Il en veut. Sur ce vélo, ayant un centre de gravité très bas, Les roues dévorent le terrain autant dans les lignes droites que les courbes.  Un seul mot: Wapatow! Côté composantes, le Honzo Titane ne vient pas en montage complet. Il est offert en version cadre seulement. Sur le modèle à l’essai, une transmission complète Sram XO est installée. Les passages de vitesses se font rapidement et précisément. Rien à redire sur le montage, c’est du très haut de gamme.

En bref!

Le Kona Honzo Ti est un vélo de collection pour les connaisseurs. Ça grimpe en ta! Ça descend en ta! C’est agile et maniable en ta! et ça coûte cher en ta!

Tome 3: Le Hei Hei DL

DSC_0153

Le Kona Hei Hei était, lors de mes débuts, le vélo de cross-country de course de rêve. Généralement en Titane, composantes de luxe, réputation légendaire. Les années ont passé et le vélo de montagne a bien changé. Le Hei Hei a subit quelques crises identitaires mais depuis la nouvelle géométrie adoptée l’an dernier, le Hei Hei a retrouvé sa jeunesse et sa fougue d’antan.

De l’aluminium et du Carbone!

La suspension du Hei hei ne fonctionne pas comme les suspension traditionnelles des Kona. Les ingénieurs ont supprimé le pivot sur l’articulation (façon Trek Fuel, Giant Stance, etc) engendrant davantage de rigidité sur les petits soubresauts donc une meilleure efficacité au pédalage. Sur les plus grosses oscillations, les haubans ont été conçus de façon à pouvoir subir une certaine déflexion lors de l’enfoncement permettant un amortissement et une traction impressionnante. Pour rehausser les facultés quant au poids et à la flexibilité de son triangle arrière, Kona livre le hei hei presque exclusivement en carbone. Mais la version plus abordable est faite d’aluminium.

En selle!!

Le modèle à l’essai est le Hei Hei deluxe. Donc on parle de composantes pour les amateurs chevronnés: Transmission Shimano SLX, amortisseurs Fox, pédalier RaceFace. Bref, rien n’est laissé au détail. Nous disposons de 100mm de débattement à l’arrière et de 120mm à l’avant. On parle d’un vélo de course sérieux ici. Dès les premiers coups de pédale, je me retrouve propulsé dans mes souvenirs de compétition. Le vélo est très efficace. Ça grimpe vraiment fort. Pour faire amende honorable, je n’ai jamais prétendu que les cadres carbone n’étaient pas performants ou que je n’aimais pas rouler ces vélos car le Hei Hei me ferait mentir! La seule chose, c’est que je pense à l’héritage que je laisse derrière. Donc c’est clairement juste pour des considérations environnementales car pour le reste, ce vélo est un pur délice à rouler. Je me sens dans mon élément et j’ai un plaisir coupable à prendre de la vitesse et à pousser ce vélo à fond. Je suis extrêmement heureux de constater que le Hei Hei me le rends au centuple! Anciennement, les vélos de course étaient surtout très efficace en grimpe mais quand le devers s’inclinait, on faisait ce que l’on pouvait. On s’en sortait, mais les géométries d’aujourd’hui sont beaucoup plus efficaces. C’est d’ailleurs un des magnifiques aspects de ce vélo, il grimpe aussi bien qu’il descend. J’adore mon Process 111 pour les nouvelles capacités qu’il me permet et la confiance qu’il m’inspire mais le Hei Hei DL m’a fait redécouvrir le plaisir de grimper avec le couteau entre les dents sans ralentir mes élans dans les passages de descente ou techniques.

Le Hei Hei Trail: une version pour les pilotes plus aventureux.

La difficulté de faire un Process en carbone qui rencontrerait les standards de Kona et la forte demande pour un vélo ayant des capacités similaires aux Process a demandé aux ingénieurs de Kona un peu d’imagination. Leur solution: le Hei Hei Trail. Malgré que je n’ai pas eu la chance de le rouler, vu sa forte popularité, l’enthousiasme de mes collègues était palpable. Malgré que certains s’ennuyaient de leurs Process dans certaines sections de sentier, le Hei Hei ne les a pas déçu. Bien qu’il ne soit pas conçu pour subir des abus aussi exhaustifs que son grand frère, le Hei Hei trail n’a pas été pris à la légère côté équipement: 140mm de débattement avant et arrière, pneus maxxis minion 27.5 x 2.3 à l’avant et Tomahawk à l’arrière. C’est de la bottine pour les gens sérieux. Pédalier Raceface turbine, freins shimano XT. Tout y est.

En conclusion…

Je vais faire ça simple. J’ai adoré ce vélo. Je me suis fait deux boucles bac à bac car je n’avais pas envie de rendre le vélo. Un gros coup de coeur. Donc si vous, fan de cross-country, vous recherchez à dévorer des kilomètres de sentier sans faire de très gros compromis en descente, vous trouverez avec le Kona Hei Hei un partenaire incroyable. Et pour ceux qui désirent un vélo d’une nature plus généreuse mais ayant des capacité de grimpe exceptionnelles, le Hei Hei Trail est ce qu’il vous faut.

No 4: Wheel House

DSC_0160

Kona n’a jamais eu une grande notoriété en vélo de route et c’est malheureux car ce n’est pas faute d’avoir des produits de qualité, amusants et performants. Toutefois, à travers les années, ils se sont développé une belle réputation dans une petite niche: les vélo de route acier. On peut parler du Sutra, du Rove, honky tonk, paddy wagon, etc.  L’an dernier, Paddy, directeur du développement de produit, fanatique de la vitesse, a lancé, comme projet personnel, le Road House. Un vélo en acier cromoly Reynolds 853 avec un équipement de pointe: Son choix de peinture, son confort et le degré de soin quant à la confection du cadre a suscité beaucoup de curiosité. Paddy a malgré lui créé un précédent qui allait donner un petit frère au Road House: Le Wheel House.

Fiche Technique

Le Wheel House dispose du même cadre que le Road House, une fourche carbone et des composantes de qualité Shimano Tiagra et FSA. Pour ceux qui trouveraient que le prestige du Tiagra fait défaut, je vous répondrais, que le nouveau Tiagra 10 vitesses est aussi performant au point de vue des changements de vitesses et du nombre de vitesses que mon Dura-Ace de 2013. Alors comparons la mécanique pour ce qu’elle est. La seule ombre au tableau à mon avis est le pédalier. Pas qu’il n’est pas performant ou que le passage des vitesses n’est pas adéquat; je mentirais. Sur cet aspect, rien à dire. Toutefois, comme je suis un cycliste assez fort et pesant, l’essieu à interface carré ne me paraît pas suffisant compte tenu des efforts qui ont été déployés autour de la vivacité de ce cadre. Un frottement sur le dérailleur avant se faisait entendre lors d’un pédalage plus enthousiaste.

ZOOOOOOMMMM!!

Mes derniers essais routiers sur des cadres en acier remontent à mes début dans la course de vélo de montagne. Et je dois dire que les choses ont bien évoluées depuis!! Je m’attendais à un comportement plus souple et j’ai été heureusement déçu! Le moins que je je puisse dire c’est que ça avance et je dirais même plus: l’élasticité du cadre du Wheel House a un dynamisme exceptionnel. Je vais tenter de l’expliquer le mieux possible. C’est très différent de la rigidité d’un carbone, plus terne, amorphe. L’acier réponds lors des accélérations mais lors de sont retour élastique, redonne un second élan. Ça donne une conduite très…”vivante”. Encore une fois, un vélo très à l’image de cette compagnie pour qui le vélo se doit d’être avant tout amusant, pas seulement une fiche technique.

Tel que prévu, les passages de vitesses sur le Shimano Tiagra sont parfaitement à la hauteur, précis et bien étagés. Le Road House est livré avec des pneus 700 x 28 qui lui confère beaucoup de confort et de polyvalence quant au tracés de vos randonnées. Ma seule déception: le pédalier FSA. Quand les essieux plus “heavy duty” ont fait leur entrée, j’étais tellement heureux de ne plus changer de vitesse de façon inopiné en pédalant fort. Donc de me retrouver au volant d’une si belle machine avec un cadre si vivant et dynamique, d’avoir envie de pousser fort, très fort mais à chaque foulée de sprint, entendre le dérailleur avant entrer en contact avec la chaîne a un peu ralenti mes ardeurs. Malgré cette petite avarie, je me suis quand même fait deux boucles pour savourer tout ce savoir-faire et la passion qui ont été nécessaire à la confection de ce vélo.

En conlusion

Le domaine de la route est malheureusement trop dominé par des gens un peu allergiques au changements et aux produits différents. Mais le cycliste passionné que je suis adore la saveur différente que Kona donne à ses vélos; saveur que je ne retrouve pas dans aucune autre compagnie. Le Wheel house est un vélo différent mais qui réponds aux mêmes demandes et besoins que les autres vélos de route du marché: Léger, rapide et efficace avec une méga dose de confort. Toutefois, il nous est servi avec une saveur amusante, différente et surtout vivante.

 

Inscrivez-vous à notre infolettre
Quelques marques que nous tenons
Logo de Giant Bicycles Logo de Felt Bicycles Logo de Kona Logo de Orbea